Sur la route, l’usage du téléphone au volant est la cause d’un accident corporel sur dix. Parce qu’elle distrait le conducteur de multiples façons, cette pratique est un réel danger pour la sécurité des usagers de la route.

Risque d’accidents 

Téléphoner au volant multiplie le risque d’avoir un accident par 3, et lire un message par 23. De fait, le téléphone est une distraction majeure pour un conducteur, quel que soit le type de véhicule.  

Quatre sortes de distractions perturbent l’usager de la route lorsqu’il utilise son téléphone : 

  • visuelle : il détourne son regard de la route pour consulter ou manier son téléphone 
  • cognitive : il se concentre sur les conversations, orales ou écrites, plutôt que sur la route 
  • auditive : en pleine conversation, le conducteur devient moins attentif à son environnement sonore et se trouve privé de signaux l’avertissant d’un danger 
  • physique : pour pouvoir utiliser son téléphone, le conducteur doit souvent se contenter de conduire avec une main 

Lorsqu’il est en conversation téléphonique, il est estimé qu’un conducteur enregistre entre 30 et 50 % d’informations en moins sur la route. Sa concentration est fortement réduite, ce qui augmente nettement son temps de réaction, et par extension, les distances de freinage. Par ailleurs, il est plus difficile de maintenir son véhicule dans la voie de circulation ou de conserver une vitesse adaptée. La conversation peut également influer sur votre stress ou agacement. En somme, tout ceci contribue à réduire la capacité à prendre conscience de l’environnement dans lequel le véhicule évolue. 

Pour consulter un sms, le conducteur doit quitter le regard de la route durant cinq secondes. Par exemple, à 50 km/h cela correspond à 70 mètres parcourus, ce qui réduit fortement la réactivité du conducteur en cas d’obstacle nécessitant un freinage soudain. 

Interdictions et autorisations en matière de téléphone au volant

Quelle que soit la raison, il est interdit d’utiliser son téléphone portable au volant (ou au guidon d’un deux-roues, d’un EDPM, d’un vélo). Le simple fait de l’avoir à la main ou de s’en servir pour écouter de la musique (sauf connexion en Bluetooth avant le départ et ne plus y toucher ensuite jusqu’à l’arrivée) peut entraîner une verbalisation. Même à l’arrêt à un feu rouge, l’usager de la route n’a pas le droit d’utiliser son téléphone. 

La loi va même plus loin : moteur à l’arrêt, tenir son téléphone à la main est également interdit. Finalement, seules deux utilisations sont permises : 

  • en cas de panne et donc d’arrêt d’urgence 
  • arrêté (moteur coupé) sur une place de stationnement 

En voiture, il est interdit de tenir son téléphone à la main, utiliser une oreillette Bluetooth, des écouteurs ou un casque audio. Un conducteur de deux-roues n’a pas le droit de coincer son téléphone dans le casque ou utiliser des écouteurs. Ces interdictions sont également valables pour les cyclistes et les conducteurs d’EDPM, et comprennent tout dispositif d’écoute à porter aux oreilles (ex. casque audio). 

Deux dispositifs légaux de téléphoner permettent, à ce jour, de téléphoner en conduisant : 

Leur point commun : ils font partie de l’habitacle du véhicule. Toutefois, pour limiter les risques, s’abstenir de téléphoner reste la meilleure solution. 

Sanctions

Quels risques pour un usager surpris en train d’utiliser son téléphone portable ? Que ce soit pour un appel ou un sms, la sanction est la même : une amende forfaitaire de 135 € et le retrait de trois points sur le permis de conduire (qui en compte douze pour un permis complet). Par ailleurs, la même amende s’applique pour un cycliste ou un EDPMiste. Toutefois, ils ne perdront pas de points sur leur permis (s’ils en sont titulaires). Toutefois, en cas d’infraction grave (délit de fuite, conduite en état d’ivresse…), la justice peut décider la suspension ou l’annulation du permis du cycliste ou EDPMiste.

Il s’agit d’une contravention de classe 4 : l’amende peut être minorée (90 €) si elle est payée dans les quinze jours, ou bien majorée (375 €). En outre, le retrait des points s’effectue après son paiement. 

Enfin, depuis le 22 mai 2020, une infraction au Code de la route commise tout en tenant son téléphone à la main peut entraîner une rétention immédiate du permis de conduire. Le décret n°2020-605 prévoit même une suspension de permis pouvant aller jusqu’à six mois. 

Huit types d’infractions concernées : 

  • non-respect des
    • règles de conduite
    • distances de sécurité 
    • feux de signalisation
    • règles de dépassement
    • des vitesses
  • Non-respect de la
    • signalisation imposant l’arrêt ou le céder le passage 
    • priorité de passage concernant les piétons 
  • franchissement/chevauchement des lignes continues et des lignes délimitant les bandes d’arrêt d’urgence

Cette suspension pouvant s’allonger jusqu’à un an en cas d’accident de la route, alcoolémie positive ou usage de stupéfiants. 

Conseils pour éviter l’usage du téléphone au volant

Le bon sens commande de ne pas répondre au téléphone en conduisant. Si l’appel est important, il suffit de s’arrêter sur un espace autorisé au bord de la route afin de rappeler le correspondant.

Afin de s’éviter la tentation d’utiliser son téléphone, on peut également le mettre hors de portée avant de démarrer la voiture. Une autre option consiste tout simplement le régler sur le mode avion ou silencieux. 

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